top of page
Image de nadi borodina

Texte du lundi

Retour à Paris

Le voyage de l’Epsilon avait duré près de quatre mois. Ce qui ne devait être qu’une suite de visites brèves s’était avéré être un enchaînement de rassemblements impressionnants.

Raphaël s’était prêté au jeu avec plaisir. Comment dire aux lycans qu’il serait toujours disponible pour eux et ne pas l’être quand ils viennent le rencontrer ?

Tous auraient apprécié faire un peu de tourisme. Cependant, les événements ne leur en avaient pas laissé l’occasion. La sécurité de l’Epsilon était prioritaire. Bien sûr, personne ne doutait que Raphaël pouvait se défendre seul. Après tout, il était l’un des meilleurs éléments de la Garde avant d’être nommé au Conseil et devenir l’Epsilon. Son statut d’aujourd’hui nécessitait qu’une garde rapprochée l’escorte partout où il aille.

Au retour à Paris, tous étaient épuisés. Il ne s’agissait pas uniquement du décalage horaire. Le rythme qu’ils avaient suivi tout ce temps ne leur avait accordé que peu de sommeil.

Les mieux lotis avaient été les enfants. Emma et Adam avaient dormi pour tous. Gabriel, lui, pouvait s’endormir n’importe où, dans n’importe quelle circonstance.

À peine rentrés, les Gardes prirent quelques jours de repos.

Clément et Lilith restèrent quelque temps chez eux. Ils profitèrent des jumeaux.

Raphaël et Mégane s’absentèrent enfin dans leur nid. Cet endroit où ils n’étaient pas retournés depuis si longtemps !

Bien entendu, Gabriel faisait partie du séjour.

Les parents emportèrent avec eux le nécessaire pour le petit. Ils lui aménagèrent un coin pour lui.

— Nous aurions dû revenir plus souvent, fit Mégane en s’installant par terre, le long du mur extérieur.

Gabriel jouait à quelques mètres d’elle.

— En fait, avec toutes les responsabilités qui me sont tombées dessus, j’ai complètement occulté notre nid. Excuse-moi, Trésor. J’ai oublié l’essentiel.

— Non, Raphaël, tu ne l’as pas oublié. Nous étions ensemble, tous les trois et c’est ça, l’essentiel.

— C’est vrai.

Raphaël se baissa vers son fils et joua avec lui.

Cette scène était magnifique aux yeux de Mégane. Un moment privilégié. Il n’y avait qu’eux.

Plus d’Epsilon.

Plus d’hybride.

Juste eux.

Et du temps.

Ils avaient prévu de rester sur place quelques jours. Une semaine au plus.

— Et si on ne repartait pas ?

— Tu sais que ce n’est pas possible, mon loup.

— Rien n’est impossible. Je peux tout laisser tomber.

Mégane sourit.

Raphaël qui fuirait ses responsabilités ! Cette simple éventualité n’était même pas envisageable pour la lycane.

— Tu sais que tu n’es pas crédible ?

— Reconnais que tu en meurs d’envie autant que moi.

— J’avoue. Ça ne change rien au fait que nous ne pourrons pas rester indéfiniment ici. Nous reviendrons. Mais nous devrons retourner à la civilisation.

Gabriel tendit les bras et son père le souleva.

— Tu en dis quoi, toi ? On reste ?

Le bambin frappa dans ses mains en riant.

— C’est un oui, déclara Raphaël.

— Il dirait n’importe quoi pour rester dans tes bras.

— N’écoute pas ta mère, elle est jalouse.

Cette fois, Mégane éclata de rire.

Le nid évoluait. Leur couple aussi. Désormais parents, Mégane et Raphaël n’avaient pas pris le temps de songer à l’avenir.

Depuis qu’ils s’étaient isolés, ils y pensaient fortement.

— Gabriel a bien grandi…

L’Epsilon observa sa compagne. Par leur lien, il ne parvenait pas à comprendre où elle voulait en venir. Ces tentatives firent sourire la lycane.

— Il est presque autonome.

— Oui. Et ?

— Que dirais-tu d’agrandir la famille ? Clément t’a devancé avec les jumeaux.

Raphaël se retint de rire. Cependant, il n’oubliait pas que son loup avait forcé Mégane à tomber enceinte.

— Pas forcée, corrigea l’intéressée. Il a juste pris une décision que je reportais constamment. Là, c’est moi qui t’en parle. Es-tu prêt, Epsilon ?

— Plutôt deux fois qu’une !

Vous avez raté le texte précédent ?

Cliquez sur le bouton pour accéder au texte de la semaine dernière. S'il s'agit d'une mini-série, vous arriverez sur le premier épisode.

bottom of page