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La cabane

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Lilith était ravie de retrouver son amie Madison. Cette fois, elles pouvaient passer plusieurs jours ensemble.

L’Êta, de son côté, faisait découvrir son monde à l’Oméga.

Ce matin-là, Madison avait emmené Liltih voir la cabane dans laquelle elle avait ses premières semaines.

En chemin, Lilith ne cessa de parler des jumeaux. Son amie souriait en songeant au jour où elle aussi deviendrait mère.

— C’est vrai, fit soudain l’Oméga. Depuis le temps, Logan et toi, vous n’y avez pas songé ?

— Si, bien sûr que si. C’est moi qui ne suis pas prête.

Lilith éclata de rire.

— Si tu attends d’être prête, tu vas attendre longtemps !

— Oh ! Non ! Ce n’est pas ça. C’est juste que pour l’instant, je ne réalise pas encore la vie que j’ai aujourd’hui. Tous mes dérapages, toutes mes erreurs, et le mot est faible, tout mon passé que je traîne encore. Je ne veux pas l’offrir à un enfant.

— C’est fini. C’est derrière toi, à présent. Aujourd’hui, tu as une nouvelle vie. Tu as un compagnon et tu es intégrée à la meute. Le Conseil t’a offert une seconde chance et tu as su la saisir.

— Dans ma tête, ce n’est pas si évident. Tiens ! On arrive !

Lilith toisa Madison, nullement dupe du changement de conversation.

Toutefois, elle fut surprise de ce qu’elle aperçut.

Devant elle se dressait une cabane qui était loin de tomber en ruine.

— Excuse-moi, mais quand tu parlais de cet endroit, il ne me semblait pas que tu la décrivais aussi bien conservée.

Ce fut au tour de Madison de rire.

— Elle était bien comme je le disais. Les volets tenaient par miracle et la peinture était plutôt décrépie.

Lilith entra.

— On a refait la cabane à neuf et on y a ajouté un peu de confort. Elle n’a plus grand-chose de ce qu’elle était.

Des bacs de récupération d’eau de pluie avaient été installés à l’arrière. L’eau alimentait l’évier et une douche qui a été aménagée.

Les fenêtres étaient neuves et les volets réparés.

L’intérieur aussi avait été entièrement rénové. Les murs étaient vernis et les meubles avaient été remplacés.

— C’est du beau travail.

— Les ados de la meute ont pratiquement tout réalisé. Sauf ce qui était trop pointu ou dangereux. Ils étaient motivés et avaient à cœur de bien faire. Ils ont beaucoup appris.

Aujourd’hui, la cabane n’était pas habitée et n’était pas destinée à de longs séjours. Madison venait souvent avec les enfants pour leur apprendre à communier avec la nature.

— C’est quoi exactement, la communion avec la nature ?

— J’oublie toujours que tu n’es pas née louve. C’est apprendre à apprécier la nature, l’écouter et la ressentir. C’est laisser ta louve s’imprégner de tout ça.

— Il existe des retraites pour cela. Méditation. Yoga.

— C’est pareil. Mais façon lycan. Avant, les parents apprenaient tout ça aux louveteaux. Ça se perd un peu, il faudrait remettre ça au goût du jour.

— J’aimerais essayer. Tu m’as donné envie de vivre l’expérience.

— On reviendra demain. Avec Mégane et ceux qui voudront. Ça te va ?

— C’est parfait.

— Et au moment de l’émergence de leurs loups, je pourrais le faire avec les jumeaux.

— Oh ! Là, il faudra négocier avec leur père ! Je te souhaite bon courage.

— J’aurais les arguments pour. Et j’ai le temps d’y réfléchir. Ils pourront t’accompagner demain. Le plein air leur fera du bien.

— Génial. J’ai trop hâte !

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